Belgique En 2020, la Région bruxelloise aura réussi à diminuer ses émissions de CO2 d’environ 4.000 tonnes par an.

La Région bruxelloise a récemment décidé d’affecter les 75 millions d’euros offerts par l’Europe à l’investissement dans le photovoltaïque. Ce plan concerne les bâtiments publics de la Région. Écoles, zones de police, CPAS, piscines, hôtels de ville mais aussi administrations communales et régionales, etc. Au total, 78.750 m2 de panneaux photovoltaïques seront installés sur les toits des bâtiments publics bruxellois à l’horizon 2020. Ce plan générera plus de 11 mégawatts par an à partir de 2020 via la concrétisation de cinquante projets par an, soit 200 au total.

"Cela permettra de réduire de 4.000 tonnes les émissions de CO2 par an à partir de 2020", commente la ministre bruxelloise en charge de l’Environnement Céline Fremault (CDH). "Le retour sur investissement lié à la perception des certificats verts permettra de créer un fonds de roulement destiné à soutenir les opérations d’achat de panneaux pour les bâtiments publics au fil des ans."

Chaque entité équipée pourra réaffecter les économies dégagées à des investissements propres à ses activités.

Six autres mesures accompagnent ce plan. Les communes bruxelloises seront accompagnées via la mise en place d’un outil récoltant toutes les données de consommation d’un bâtiment (eau, gaz, électricité, eau). Le secteur privé n’est pas oublié. "Pour aider les copropriétaires, nous allons leur proposer des solutions clé en main", poursuit la ministre. L’idée ? La mise en place d’un mécanisme permettant de partager la production de ces panneaux entre plusieurs occupants d’un même immeuble.

Une carte du potentiel solaire permettra aux propriétaires de simuler le potentiel de leur toiture en calculant le temps de retour sur investissement et les économies réalisables. La Région réfléchit également à la mise sur pied de prêts oscillant entre 0 % et le taux du marché pour inciter le secteur privé, les entreprises - les plus grosses comme les plus petites - et même les collectivités.

L’Allemagne inonde la Belgique de CO2

Remontée comme un coucou, la ministre fédérale de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR) hier, lorsqu’elle a croisé la ministre allemande de l’Environnement Barbara Hendricks au pied de l’avion les menant à la plus grande centrale solaire du monde, à Ouarzazate (Maroc). L’origine de son ire est double.

Primo : la menace de la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Cologne) d’intenter des recours contre la Belgique relatifs au fonctionnement de la centrale nucléaire de Tihange 1. Deuzio : la valse des prix de l’électricité survenue en début de semaine. "Sur ce dernier point, je ne peux que remarquer un dysfonctionnement du marché", commente Marie-Christine Marghem. "Quand je vois que lundi soir à 19 h, la Belgique paie son électricité 600 euros et que nos voisins allemands la paient 70 euros, je ne suis pas d’accord. Le système d’algorithme ne fonctionne pas ou, apparemment, fonctionne mieux pour certains que pour d’autres." Le message est passé dans l’avion. La ministre allemande a botté en touche.

Idem pour l’inquiétude des Allemands de Rhénanie du Nord-Westphalie. "Un tel recours pourrait avoir des conséquences diplomatiques entre nos deux pays" , lance la ministre. "D’autant que l’Allemagne n’est pas exempte de tout reproche en matière de pollution de son voisinage. Quand le vent vient de l’Est, cette région allemande envoie en Belgique autant de CO2 que l’ensemble des émissions produites sur notre territoire. E lle fait fonctionner quatre centrales au charbon. En clair, l’Allemagne utilise l’énergie la plus sale qu’on puisse imaginer pour pallier la fermeture de ses centrales nucléaires."

Pollution de l’air : 11.000 décès par an en Belgique

Malgré les efforts entrepris par la Wallonie (la Flandre et Bruxelles), l’Agence européenne de l’environnement constate dans son rapport 2015 (paru fin 2015 et qui fait référence aux statistiques observées en 2013, dernière année d’analyses par ladite agence) qu’en Belgique, chaque année, environ 11.000 personnes décèdent à cause de la mauvaise qualité de l’air.

" La pollution de l’air est donc une problématique complexe et pose une série de défis en termes de management et d’atténuation des effets. Pour être efficaces, les mesures destinées à réduire les impacts de la pollution de l’air doivent se baser sur une bonne compréhension concernant leurs sources de même que sur une bonne connaissance de la qualité de l’air et de ses impacts sur la santé humaine et sur les écosystèmes", explique clairement le rapport. Et ce rapport entre pollution et santé est le point qui a retenu toute l’attention d’un parlementaire wallon.

La cause de ces décès : "Les paramètres que nous respectons sont ceux imposés par l’Union européenne. Ils sont trop larges, pas assez restrictifs. Nous devons nous plier aux normes de l’OMS (Organisation mondiale de la santé)", explique Edmund Stoffels, député wallon socialiste qui porte cette résolution à bout de bras.

Le parlementaire appuye dans sa proposition de résolution sur le fait que le rapport souligne "l’efficacité des politiques en matière de réduction des émissions ne pourra être garantie qu’à travers une action et une coopération communes entre les niveaux nationaux et régionaux, et même locaux, en Europe."

"Si on suit l’OMS, précise le député, on estime à 144.000 le nombre de décès dus à la pollution de l’air qui pourraient être évités chaque année en Europe. En faisant une simple règle de trois, cela fait 4.000 décès en moins en Wallonie."