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Paul Furlan veut mettre au frigo la dette photovoltaïque

Par : Laurent Lambrecht - Article original - Publication : 10/11/2016 - imprimer

Laurent Lambrecht Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Paul Furlan (PS), le ministre wallon de l’Energie, est engagé dans une course contre la montre pour gérer la dette photovoltaïque. Pour rappel, le régulateur wallon de l’énergie (la Cwape) estime que neuf millions de certificats verts (CV) ne trouveront pas preneur sur le marché d’ici 2024. Ces CV excédentaires correspondent à une dette de 600 millions d’euros à financer.

Actuellement, le système tient debout parce qu’Elia, le gestionnaire du réseau d’électricité, s’est engagé à racheter les certificats verts qui ne trouvent pas preneur sur le marché. Mais la surcharge qu’Elia facture aux consommateurs wallons d’électricité pour assurer ce service n’est plus suffisante. Or, l’entreprise doit introduire une demande officielle avant la fin de cette semaine si elle veut augmenter cette surcharge à partir du 1er janvier 2017.

Faire payer la SNCB et les Tec

De son côté, Paul Furlan ne veut pas endosser le costume de celui qui laissera grimper la facture d’électricité des ménages wallons. Selon lui, l’augmentation de la surcharge Elia correspondrait à un surcoût de 60 à 70 euros par an pour une facture moyenne d’électricité. Son cabinet négocie donc âprement avec les acteurs concernés une solution qui "ne fera pas augmenter la facture d’électricité" .

Nous avons pu consulter la note validée par le gouvernement wallon à ce sujet. La principale mesure est l’instauration d’un "mécanisme de temporisation" des certificats verts. Paul Furlan a lancé un marché public à destination de banques ou d’organismes intéressés par le rachat de certificats verts. Un certain nombre de CV seraient rachetés sur la période 2017-2021, avant d’être remis sur le marché entre 2022 et 2026. Le but est de lisser dans le temps leur arrivée afin de permettre au marché de les absorber.

Si cette option voit finalement le jour, il s’agirait de la deuxième mise au frigo de certificats verts. Pour rappel, la précédente opération n’avait pas permis de dégonfler la bulle photovoltaïque. En outre, cette solution n’est pas celle préconisée par la Cwape. Le régulateur wallon estime que ce système est coûteux et qu’il revient à postposer le problème.

La première opération de mise au frigo avait coûté 50 millions d’euros au total, tandis que la deuxième est estimée à 8 millions d’euros par an. Il ne s’agit que du coût d’organisation du système, c’est-à-dire les frais que demande la société réalisant la mise au frigo.

Elia réfléchit encore

Même si elle aboutit, cette solution ne réglera pas l’entièreté du problème de la bulle photovoltaïque. Une deuxième mesure validée par le gouvernement wallon consiste à supprimer l’exonération de surcharge Elia dont bénéficient certaines sociétés.

Aujourd’hui, la SNCB et la Tec ne paient pas cette surcharge en dehors de tout cadre légal. Si la SNCB et la Tec passent à la caisse, cela rapportera 9 millions d’euros par an.

Malgré ces mesures, le délai de paiement de la dette photovoltaïque devra vraisemblablement être allongé. Selon les calculs du cabinet Furlan, la surcharge Elia devra être acquittée jusqu’en 2026. Auparavant, la Cwape réalisait ses estimations sur base d’un arrêt de la surcharge en 2024.

Il reste que toutes ces mesures ne serviront à rien si Elia décide tout de même d’introduire une demande d’augmentation de sa surcharge. L’entreprise n’a pas encore décidé si elle était convaincue par la proposition de Paul Furlan.

Laurent Lambrecht

Source : www.lalibre.be

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