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Projet d'un parc photovoltaïque à Bagnoles: le monde viticole voit rouge

Article original - Publication : 14/09/2016 - imprimer
Le terrain choisi se situe le long de la D35, entre Bagnoles et Villarzel.
Le terrain choisi se situe le long de la D35, entre Bagnoles et Villarzel. PHOTO/Christophe Barreau

Une enquête publique est ouverte jusqu’au 6 octobre, mais l’INAO et l’Association des vignerons de Laure émettent d’ores et déjà un avis défavorable, en raison de l’impact sur les vignobles classés ou en voie de l’être.

Agent de l’INAO (Institut national des appellations d’origine) en charge des dossiers concernant le Minervois, c’est le 7 septembre dernier que Paul Vailhe a eu en main le projet porté par la société NEOEN (basée à Aix-en-Provence), pour l’aménagement d’un parc photovoltaïque sur des terrains privés, sis sur la commune de Bagnoles. Un parc qui comprendrait une centrale et cinq locaux, implantés sur 5,20 hectares, le long de la route départementale 35, reliant Bagnoles à Villarzel au lieu-dit «Combazou».

  • Avis défavorable de l’INAO

Premier problème soulevé par Paul Vailhe de l’INAO: la commune de Bagnoles est située sur l’aire géographique des AOC "Languedoc" et "Minervois", et appartient aussi aux aires de production des IGP "Aude", "Coteaux de Peyriac", "Pays Cathare", "Pays d’Oc" et "Jambon de Bayonne". Le second, c’est que la commune de Bagnoles est aussi intégrée dans la démarche de reconnaissance de la dénomination "Minervois-Laure" (lire par ailleurs).

Un dossier de hiérarchisation "primordial pour la pérennité de l’avenir de la filière viticole du secteur", qui regroupe trente-et-un domaines et caves, répartis sur neuf communes. Avec, en ligne de mire, la volonté "de faire émerger des cuvées particulières". Pour toutes ces raisons, compte tenu des enjeux au niveau viticole et paysager, l’INAO a fait savoir qu’elle émettait un avis défavorable à ce projet de parc photovoltaïque.

Le vigneron Jean-Louis Poudou, propriétaire du domaine de La Tour Boisée et président du syndicat des vignerons de Laure, voit également rouge avec ce projet aux portes de Bagnoles, qui serait une catastrophe pour sa démarche de reconnaissance de la dénomination "Minervois-Laure". Et de marteler: "Il nous faut un territoire sans tâche. Là, avec ce projet en bordure de la D35 qui traverse toute l’appellation, c’est inconcevable. Ça créerait une dévalorisation immédiate du vignoble et de l’immobilier de proximité."

  • Une volonté forte des vignerons

Le projet, positionné sur un léger promontoire, débouche en effet sur un paysage ouvert au sud et à l’est du site, et procure une co-visibilité avec deux lotissements et la Cité de Carcassonne. Une problématique visuelle mais aussi environnementale, sur un terroir constitué de molasses gréseuses caillouteuses. À savoir, un sol limitant naturellement les rendements et autorisant l’implantation de cépages traditionnels à fort potentiel qualitatif. Des vignobles également délimités en AOP, susceptibles de produire des vins haut de gamme, seraient directement impactés par cette centrale.
Géologie, paysage, aspect technique de production, volonté forte des vignerons... Autant de critères nécessaires à l’obtention de l’appellation "Minervois-Laure", pour laquelle une commission d’enquête doit prochainement se déplacer sur le terrain.

Toutes ces remarques seront faites lors de l’enquête publique qui a débuté le 6 septembre dernier à Bagnoles pour une durée d’un mois. "Mais d’ores et déjà, nous manifestons notre position totale de rejet de ce projet", insiste Jean-Louis Poudou.

Des vignerons unis pour l'AOC Minervois-Laure

C’est en juin 2015, que le syndicat des AOC Minervois a déposé une demande de reconnaissance d’une dénomination géographique complémentaire à l’AOC Minervois sur le terroir de Laure, auprès des services de l’INAO. Un échange ayant eu lieu avec des compléments apportés au dossier, dans le but de s’assurer de la recevabilité de son dépôt d’un point de vue technique et juridique, ce dernier est passé au comité régional de l’INAO le 5 février dernier. Avant de monter au niveau national en commission permanente le 7 juin. À ce jour, une commission d’enquête a été nommée, et elle devrait, selon le syndicat des AOC Minervois, se déplacer sur le terrain dans les prochains mois, afin d’évaluer le fond du dossier et entamer une phase d’échanges avec les porteurs de projet. Ils sont une douzaine de producteurs de Laure, dont la cave de Lauran-Cabaret, à porter ce projet ambitieux de faire reconnaître la particularité de leur terroir en obtenant de l’INAO l’appellation Minervois-Laure (comme avant elle La Livinière). "Il s’agit de faire un zoom sur la grande région de Laure (4.029 ha), reconnaissable par ses collines avec un fil rouge, la belle qualité des tanins."  Jean-Louis Poudou attend de ce projet, la reconnaissance de la qualité des produits proposés, celle d’un grand vin. Un travail de longue haleine qui n’a, aujourd’hui, jamais été aussi prêt d’aboutir, avec la signature par la direction générale de l’INAO, en juin dernier, d’une lettre de mission et l’envoi sur le terrain de cinq mandataires pour étudier la pertinence de cette (future ?) appellation.
Source : www.lindependant.fr

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