C'est peut-être le début de la fin des tourments pour Abengoa. Le géant espagnol des énergies renouvelables a conclu un accord de restructuration de sa dette prévoyant notamment un apport de 1,1 milliard d'euros, dont 650 millions d'euros de nouveaux prêts, le groupe ayant déjà perçu 520 millions depuis septembre 2015. Une bouffée d'oxygène pour le géant industriel, dont certains craignaient qu'il fasse l'objet de la plus grosse faillite de l'histoire de l'Espagne .

Après de longues négociations, Abengoa indique être parvenu à « un accord sur les termes et conditions de la restructuration de sa dette financière et sa recapitalisation » avec un groupe de créanciers, dont des banques et des détenteurs d'obligations ainsi que dix fonds spéculatifs, dont Elliott Management, KKR Credit ou encore Oaktree Capital Management. A terme, les banques et les fonds spéculatifs devraient prendre le contrôle d'Abengoa. L'ensemble des actionnaires actuels, et notamment la famille Benjumea qui a fondé l'entreprise en 1941, ne disposera plus que de 5 %. L'accord doit cependant encore être ratifié par 75 % des créanciers, et validé par les actionnaires et la justice. Abengoa, menacé d'un dépôt de bilan depuis novembre 2015 , a jusqu'au 28 octobre pour restructurer sa dette.

Sa dette atteignait 9,4 milliards d'euros fin 2015

Le groupe est écrasé par le poids de sa dette, qui atteignait 9,4 milliards d'euros à la fin de l'année dernière pour un chiffre d'affaires de 5,8 milliards d'euros. Abengoa paye les conséquences d'une stratégie d'acquisitions agressive, financées par la dette au cours des années 2000. Spécialisé dans l'ingénierie et la fourniture de parcs solaires, le groupe espagnol a fini l'année 2015 avec une perte nette de 1,2 milliard d'euros. En plus de l'Europe, Abengoa est présent en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Il possédait, fin 2015, des parts dans près de 900 entreprises. L'ex- fleuron industriel espagnol souhaite ramener sa dette à un peu moins de 5 milliards d'euros, en cédant toute une série d'actifs. Il a dans ce cadre vendu des parts dans une ferme solaire aux Emirats arabes unis.

Depuis le début de l'année, la société a vu ses effectifs passer de 28.000 à 17.000 et annoncé en mai un plan social en Espagne , où elle emploie 5.000 personnes. La signature d'un accord avec les créanciers a été bien reçue en début de séance à la Bourse de Madrid, avant que le titre ne clôture en baisse de 2,19 % jeudi.

Justin Delépine

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