Les acteurs du solaire et de l'éolien cassent les prix au Chili. A l'occasion d'un appel d'offres, mi-août, portant sur environ 20 % de la consommation d'électricité du pays, des énergéticiens et des développeurs de projets solaires et éoliens ont emporté les enchères avec des prix bas record. L'espagnol Solarpack a ainsi gagné un contrat en promettant de fournir de l'électricité à un prix de 29,10 dollars par mégawattheure (MWh) à partir de 2021, un plus bas jamais enregistré pour le solaire. « Les coûts de construction ont baissé, mais la tendance qui a joué à plein, c'est aussi la baisse des coûts de financement », décrypte Thierry Lepercq, président de Solairedirect (Engie), qui n'a pas réussi à remporter de lot. « Avec un prix moyen sur le solaire à 40 dollars/MWh, cette enchère est dans la continuité de ce qui s'est passé à Dubaï ou au Pérou ces derniers mois. Le Chili bénéficie d'un très fort ensoleillement et la ressource est facile à modéliser, pointe Jean-Philippe Salomé, directeur industrie d'EDF Energies Nouvelles. Pour parvenir à ces prix, il faut surtout être très inventif sur le volet du financement. » La filiale d'EDF, qui n'avait pas candidaté, construit une ferme solaire au Chili avec le japonais Marubeni, mais elle vendra son électricité directement sur le marché, au cours « spot » du moment. « On ne fait pas que des projets dont la production est vendue sur le marché spot, mais cela fait partie de la part de risque qu'on s'autorise dans le cadre d'un portefeuille diversifié. On voit d'ailleurs émerger des projets qui proposent de vendre une partie de la production sur le marché et une autre dans le cadre d'un contrat de long terme », poursuit Jean-Philippe Salomé. Sur les marchés, un excès d'offre d'énergie renouvelable a toutefois récemment entraîné une chute des prix à zéro à certains moments.

Complément

Lors de l'enchère, l'éolien a aussi touché un point bas, à 38,10 dollars/MWh. Les compétiteurs - 84 entreprises pour sept fois le volume demandé- pouvaient proposer des projets purement solaires ou éoliens, mais aussi des alliances entre renouvelables et énergies conventionnelles (gaz et charbon) pour offrir de l'électricité en continu. Avec ces prix planchers moins chers que ceux proposés pour les centrales au gaz ou au charbon, le solaire et l'éolien ont remporté les deux tiers des volumes proposés, selon le site de données Argus. « L'avenir de certaines centrales à gaz sera d'ailleurs peut-être de se proposer en complément des énergies renouvelables », note un acteur du secteur.

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