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Bout du tunnel en vue pour l’industrie solaire

Article original - Publication : 19/08/2016 - imprimer
Le groupe bernois Meyer Burger voit ses commandes s’étoffer. Le secteur photovoltaïque sort de la crise.

Le groupe bernois Meyer Burger voit ses commandes s’étoffer. Le secteur photovoltaïque sort de la crise. Image: CHRISTIAN BEUTLER

Solide premier semestre pour Meyer Burger. L’équipementier suisse de machines pour panneaux photovoltaïques a vu ses ventes augmenter (de 75%, à 217,8 millions de francs) et son carnet de commandes se garnir, a-t-il annoncé hier. Il s’établissait à la fin de juin à 307,4 millions de francs, contre 257,5 millions six mois plus tôt.

Ces chiffres reflètent la reprise globale du secteur. Les producteurs de panneaux photovoltaïques ont longtemps été trop nombreux à avoir misé sur cette énergie prometteuse, notamment en Chine, où les prix ont été artificiellement corrigés à la baisse, ce qui a engendré de retentissantes faillites (Meyer Burger a d’ailleurs encore supprimé des postes sur les six premiers mois). La demande n’a pourtant pas cessé de croître durant la dernière décennie (voir infographies).

Prix en chute libre

L’industrie voit le bout du tunnel car ses produits gagnent en efficacité, davantage que les capteurs thermiques (qui, eux, ne convertissent pas la lumière en électricité mais recueillent l’énergie solaire pour chauffer un fluide). Depuis 2010, le prix du photovoltaïque a chuté de 57%, selon l’International Renewable Energy Agency. Il diminuera encore de moitié d’ici à 2025, selon cette organisation intergouvernementale. Les rendements s’accroissent, les cellules sont toujours plus simples à utiliser.

Ce qui doit les rendre compétitifs face aux hydrocarbures. «Même avec un pétrole à bon marché, produire de l’électricité est désormais plus intéressant avec du photovoltaïque», estime Roger Nordmann, président de l’association Swissolar.

En Suisse l’an dernier, les ventes du secteur ont augmenté de 11%, soit de 337 mégawatts. En 2016, l’énergie solaire y est devenue la deuxième plus importante source d’électricité renouvelable après l’hydraulique. La croissance du secteur reste pourtant moins importante qu’en Asie, en Amérique latine, au Japon et aux Etats-Unis. Cette année, deux tiers des ventes de Meyer Burger ont d’ailleurs été réalisées en Chine, premier marché mondial de cette industrie.

«La croissance de l’énergie photovoltaïque est rapide en Suisse, mais elle doit être deux fois plus importante si on veut atteindre les engagements du protocole de Paris sur le climat et ne dépendre plus que des énergies renouvelables en 2050», prévient David Stickelberger, directeur de Swissolar. Pour l’instant, seul un cinquième de l’énergie du pays émane de sources renouvelables, selon l’Office fédéral de l’énergie, alors que selon Swissolar le soleil apporte à la Suisse encore 220 fois plus d’énergie qu’elle n’en utilise.

La Confédération critiquée

«Pour accélérer la transition, il faut davantage de volonté politique et des encouragements étatiques plus efficaces», estime David Stickelberger. Le parlement doit clôturer cet automne ses discussions sur la question. En attendant, les entreprises helvétiques du secteur – Swissolar recense 500 membres – qui profitent le plus de la reprise sont les exportatrices, comme Meyer Burger.

(TDG)(Créé: 17.08.2016, 21h12)
Source : www.tdg.ch

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