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Pays d'Arles : chez Meditourbe, un terreau fertile pour le photovoltaïque

Article original - Publication : 02/07/2016 - imprimer

Cinq hectares de panneaux photovoltaïques. En dessous, des tonnes de terre noire. Face à la mer, sur le quai des Tellines qui borde le cimetière de Port-Saint-Louis, Meditourbe vient de "monter de deux divisions grâce à un outil comme ça", s'enthousiasme Hervé Aubert.

Depuis qu'il l'a fondée en 1989 à Châteaurenard, son entreprise de terreau a bien poussé : avec ses 17 salariés, le plus grand terminal tourbier du sud de l'Europe génère un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros et une production annuelle de 140 000 m³ de terreau. Elle est appelée à doubler d'ici à 2020 avec ce nouvel équipement. Lequel est soumis à de fortes contraintes, avec notamment du mistral mesuré jusqu'à 140 km/h. "Ça nous a permis de couvrir les marchandises face au vent, de limiter l'envol des poussières tout en rebondissant sur l'existence de cette couverture", poursuit le chef d'entreprise.

"Nous sommes une usine à énergie positive"

Tout n'a pas été simple. Lancé en 2009, le projet a connu un "chemin de croix", notamment eu égard aux évolutions de la législation sur le photovoltaïque. "Un projet de cette ampleur, c'était compliqué pour une PME comme nous", poursuit Hervé Aubert. D'où le recours, in fine, à Cap Vert Energie. Cette jeune PME marseillaise s'est associée avec Meditourbe pour mener ce chantier.

Avec "35 % des investissements en direction des entreprises régionales, soit 5 millions d'euros et 97 % auprès d'entreprises françaises et européennes", insiste Pierre de Froidefond, co-président de Cap Vert Energie en charge du développement. Il aura fallu 15 millions d'euros - financés sur fonds propres - pour mener à bien ce projet.

Un chantier colossal mené aussi grâce au concours de la Chambre de commerce et d'industrie du pays d'Arles, l'ex-San Ouest Provence et le Grand port maritime de Marseille. "Ces bâtiments n'ont pas de poteaux intermédiaires pour faciliter le travail des engins, montre Hervé Lucas, autre co-président de Cap Vert Energie chargé des opérations. On a aussi dû mettre des pieux de 13 mètres de profondeur pour stabiliser la structure sur le sol limoneux." "C'est le plus grand site de photovoltaïque en toiture industrielle de France, se félicite Pierre de Froidefond. Ça préfigure un modèle à venir pour les toitures industrielles". Hervé Aubert complète : "C'est paradoxal parce que depuis le début, on veut mener ce projet pour couvrir notre activité, alors que d'autres construisent parce qu'on leur rachète de l'électricité en se demandant ce qu'ils vont faire dessous."Il ajoute : "Aujourd'hui, nous sommes une usine à énergie positive." Avec une production de 6,7 MWc, soit l'équivalent de la consommation électrique de 7 400 habitants. "Presque la population de Port-Saint-Louis", glisse Pierre de Froidefond.

Hier, tout ce que Port-Saint-Louis, le pays d'Arles et même la métropole marseillaise comptait de décideurs économiques était présent pour l'inauguration de cette centrale solaire. Le patron de Meditourbe souffle : "Aujourd'hui, je n'y crois pas encore. Ça a été tellement dur !"

Des sacs de fertiligène et KB

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Meditourbe et Cap Vert Energie ont construit 28 batiments sur 5 hectares qui vont protéger le terreau et produire de l'électricité.

Meditourbe a été créée en 1989 à Châteaurenard. Elle est installée sur le site portuaire de Port-Saint-Louis depuis 1997 sur un site multimodal puisque, outre la route et la mer, il peut expédier des marchandises par le rail.

La tourbe, qui compose environ 60 % d'un sac de terreau, arrive en vrac par bateau "depuis l'Estonie", indique Hervé Aubert. Plusieurs fois par an, un navire de 60 000 m³ accoste au terminal tourbier des Tellines. Il lui faut environ 10 à 12 jours de navigation depuis les pays baltes puis une quinzaine de jours pour être déchargé.

Depuis 1994, Meditourbe fabrique des sacs de terreau de 6 à 80 litres des marques Fertiligène et KB, en qualité de sous-traitant du groupe Rhône-Poulenc (aujourd'hui Rhodia). "Ils nous ont beaucoup aidés à nous structurer", note Juliette Aubert, en charge du développement. La société vend aussi des sacs sous sa propre marque, Medipouss.

Les 28 nouveaux bâtiments de 14 mètres de hauteur ont nécessité la pose de 25 000 modules Solarwood, une marque allemande sur 5,3 hectares, soit l'équivalent de sept terrains de foot. La connexion des panneaux a nécessité 200 km de câbles électriques. La masse de l'installation représente 20 % de celle de la tour Eiffel et même 30 % si l'on prend en compte les modules solaires. La structure est faite pour résister à des vents allant jusqu'à 240 km/h.

Sylvain Pignol

Source : www.laprovence.com

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