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Région : le business des communes qui renflouent les caisses avec le photovoltaïque

Par : RICHARD BOUDES - Article original - Publication : 09/06/2016 - imprimer

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Dans la garrigue de l'Uzège, une vaste ferme photovoltaïque est sortie du bois de chênes verts. Depuis septembre 2015, un opérateur privé, Urbasolar, y exploite près de 11 MW (mégawatt), sur une vingtaine d'hectares loués par la commune gardoise d'Aigaliers. Aujourd'hui, et dans la dynamique de la loi sur la transition énergétique (qui porte la part des énergies renouvelables à 40 % de la production d'électricité en 2030), de plus en plus de petites collectivités font le choix du soleil pour renflouer les caisses. Parfois même en réaffectant des espaces perdus comme une ancienne emprise minière ou une décharge désaffectée (voir notre reportage vidéo réalisé en 2013 plus bas). 

Un loyer tenu secret

Bien plus qu'un sympathique appoint, voici en fait une manne financière importante pour Aigaliers, 500 habitants. Et si le maire, Jacques Boyer, ne pipe mot sur le montant du loyer, c'est sans doute parce qu'il s'en est très bien tiré. Les prix à l'hectare sont en effet très fluctuants. Le foncier répercute ainsi la baisse, ces dernières années, des tarifs d'achat de l'électricité aux exploitants par EDF.

À Aigaliers, où le prix du loyer a été établi il y a déjà deux ou trois ans, il y a eu aussi un effet bonus en raison de la nature de l'appel d'offres, avec une technologie innovante mise en œuvre par l'opérateur : des panneaux à concentration solaire qui permettent de restituer 500 fois plus l'énergie captée. "Je double ma fiscalité", finit par lâcher le maire, ce qui, selon nos estimations, correspond à une enveloppe annuelle de quelque 100 000 €. Une somme bien rondelette, alors que le budget de fonctionnement de la commune est de 220 000 €.

"Quand la carrière a fermé, on a cherché quelque chose qui rapporte"

Autre avantage : il ne se paie même pas au prix fort de divisions dans le village ! Car le photovoltaïque, qui s'épanouit à l'horizontale et ne bouche pas l'horizon, ne suscite qu'assez rarement l'hostilité des riverains, comme c'est par contre souvent le cas avec une autre forme de production d'énergie renouvelable, l'éolien, très clivant. "Non, il n'y a eu aucune opposition dans le village, confirme M. Boyer. Mais il a fallu du temps pour boucler le dossier. Nous avons lancé le projet dès 2009, la procédure administrative est lourde et complexe."

"Aujourd'hui, le photovoltaïque explose, il a progressé de 30 % en un an au niveau national", affirme de son côté Arnaud Mine, président de la société montpelliéraine Urbasolar qui exploite le parc d'Aigaliers, et vice-président du syndicat des énergies renouvelables qui regroupe en France 385 entreprises du secteur. 

Le photovoltaïque devant l'éolien

Dans la région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées, le soleil supplante désormais le vent. Le photovoltaïque représente une puissance raccordée de 1 276 MW (mégawatt), l'éolien 1 038. Les bioénergies 137, quand à l'autre bout de l'éventail, l'historique hydraulique, il est encore loin devant avec 5 394 MW.

Dans l'Hérault, à cheval sur les communes de Lézignan-la-Cèbe et de Nizas, une ancienne carrière de basalte, fermée depuis 2009, pourrait très bientôt accueillir un parc photovoltaïque. "Quand la carrière a été arrêtée, on ne savait pas quoi faire de ce terrain, on a cherché quelque chose qui rapporte à la commune, explique Daniel Renaud, maire de Nizas. On a pensé au photovoltaïque."

Couple de hiboux grand-duc

Mais ici, comme à Aigaliers dans le Gard, l'affaire a pris du temps et quelques incertitudes subsistent encore. "Par deux fois, la commission de régulation de l'énergie (CRE) a refusé le projet, indique le maire. Semble-t-il parce que l'on a considéré la potentialité du gisement de basalte." Cette fois-ci, le projet, relancé en 2014, a de bonnes chances d'aboutir, il est en fin d'instruction administrative... À moins que la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) ne parvienne à ses fins : un couple de hiboux grand-duc, une espèce protégée, niche à flanc de taille de l'ancienne carrière.

Les oiseaux de nuit éclipseront-ils les généreux rayons de soleil ? D'ici fin juillet, les communes de Nizas et de Lézignan-la-Cèbe seront fixées. En attendant, comme la Perrette de la fable, elles imaginent les bénéfices. Si le marché est conclu, chacune verra tomber directement dans ses caisses le fruit de la location de ces 15 hectares : 12 500 € pour la première (5 hectares) et 25 000 € pour la seconde (10 hectares). Pour le maire de Nizas, 550 habitants, 12 500 € l'an, ce n'est pas dérisoire. De quoi assurer par exemple l'entretien de la voirie municipale. Au temps des dotations de l'État en berne, boucher proprement les nids de poule, c'est déjà ça.

Des avions et des ombrières

L’aéroport de Montpellier est en pointe. Avec 27 000 m2 de panneaux photovoltaïques, il est, dans ce registre, le premier de France. Des panneaux, regroupés sur des ombrières, qui abritent de surcroît, sur trois parkings, les voitures. Bref, un gain d’image, de service. Et un beau taux de rentabilité financière, "à deux chiffres", comme il a été indiqué le 3 juin au centre d’affaires de l’aéroport qui accueillait un colloque de la CCI consacré aux "outils de la transition énergétique au service des collectivités".

Source : www.midilibre.fr

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