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Energie solaire : Le kWh solaire à 18 francs cfa pour le consommateur burkinabè ?

Article original - Publication : 03/06/2016 - imprimer
mardi 31 mai 2016

Le partenariat public-privé est en plein essor dans le domaine de l’énergie au Burkina. En témoigne la signature le 17 Octobre 2014 du premier contrat d’achat de la totalité de la production d’énergie solaire du premier producteur privé par la SONABEL. Il en est de même de l’autorisation d’engager un processus de sélection de promoteurs privés en vue de la réalisation de cinq (05) centrales solaires photovoltaïques de 80MW tel qu’il ressort du compte rendu du conseil des ministres du 18 mai 2016. Ce type de partenariat est l’option privilégiée par la plupart des sociétés d’électricité dans le monde.

Energie solaire : Le kWh solaire à 18 francs cfa pour le consommateur burkinabè ?

La bonne question à se poser est celle de savoir combien SONABEL devrait payer le kWh pour le revendre aux consommateurs ? Pour répondre à cette question, nous avons mené des recherches sur le coût d’achat du kWh solaire déjà existant dans le monde pour vous donner une idée. Rappelons que le Burkina dispose d’un considérable potentiel dans ce domaine avec un rayonnement solaire de 2100kWh par mètre carré et par an.

Un appel d’offre récent lancé par la société d’électricité de Dubai, DEWA (Dubai Electricity and Water Authority) pour ce type de partenariat a permis de battre le record mondial. Sur cinq offres de rachat du kWh reçues, la meilleure était de 0,0299 USD, soit environ 18 FCFA le kWh. Ceci dans le cadre de la troisième phase de construction du parc solaire Mohammed bin Rashid Al Maktoum qui totalisera une puissance de 800 MW. Cette proposition provenait d’un groupe Saoudien associé à une entreprise Espagnole.

La seconde offre la plus compétitive (0,0369 USD/kWh environ 21,58 FCFA/kWh) a été délivrée par un géant chinois producteur de modules photovoltaïques polycristallins, tandis que la troisième (0,0396 USD/kWh environ 23,2 FCFA/kWh) émanait d’un groupe saoudien en partenariat avec une entreprise américaine, l’un des leaders mondiaux du solaire à couches minces. Les offres les plus élevées ont été proposées par deux géants français (0,0440 USD/kWh environ 25,7 FCFA/kWh) et (0,0448 USD/kWh environ 26,2 FCFA/kWh).

La compétitivité redoutable du solaire observée aux Emirats Arabes Unis n’est pas un cas isolé. Au Mexique un contrat solaire photovoltaïque de 1000 MW a été signé en avril 2016 à 0,0410 USD/kWh (environ 24 FCFA/kWh) par un groupe italien. Un groupe français a obtenu début mars 2016 un contrat à 0,0485 USD/kWh (environ 28,4 FCFA/kWh) au Pérou pour une centrale de 40 MW. Aux USA les contrats s’établissent à présent à 0,043 USD/kWh (environ 25,2FCFA/kWh) en intégrant la subvention fédérale du gouvernement américain (30%) dont bénéficie le solaire photovoltaïque.

Le consommateur burkinabè devrait-il s’attendre à un allègement de sa facture d’électricité grâce à l’intégration du solaire dans la production d’électricité ? Nous pourrions répondre par l’affirmative !

En effet, le record de compétitivité observé à Dubaï qui s’explique en partie par un coût de la main d’œuvre modeste et un ensoleillement optimal peut également s’établir au Burkina Faso qui dispose autant d’une main d’œuvre modeste et d’un très fort ensoleillement ; pour peu que le niveau du taux d’intérêt qui a également un impact sur le coût final du kWh ne soit pas exagéré.

Un projet solaire, c’est en effet essentiellement du capital. Contrairement aux centrales thermiques à flamme, le coût du combustible est nul. « Le soleil n’envoie pas de facture ».

Le solaire photovoltaïque, aussi bon marché que le nucléaire historique
Selon des études récentes comparatives, pour les régions à ensoleillement moins généreux avec une main d’œuvre plus coûteuse et des taux d’intérêt élevés, le grand solaire photovoltaïque au sol est à présent à un coût de 0,07 €/kWh (environ 46 FCFA/kWh). Ce niveau est proche de celui du coût du kWh du nucléaire historique déjà amorti (0,06 €/kWh environ 39,4 FCFA/kWh), et presque deux fois inférieur à celui d’une nouvelle centrale nucléaire.

Sur le marché de la fourniture d’électricité au réseau, on est capable aujourd’hui de challenger le nucléaire, les nouvelles centrales à gaz et à charbon.
Cette évolution du monde de l’énergie a conduit les géants à une réorientation stratégique et profonde. Le solaire est bien entendu au cœur de cette révolution.
L’avenir des groupes qui, par idéologie ou faute de vision et de capacité d’anticipation, ont lourdement investi dans l’industrie du nouveau nucléaire est en revanche inquiétant. Cette industrie ne sera désormais plus jamais compétitive avec celle du photovoltaïque. Toute tentative d’acharnement thérapeutique et de maintien sous respiration artificielle de cette filière du siècle dernier risque de conduire à un naufrage encore plus douloureux.

Prendre la bonne route

Pour y parvenir, les choix des partenaires et des technologies sont essentiels pour la réussite.
Éviter les projets inutiles et ruineux, car c’est le consommateur d’électricité qui paiera la note finale.
S’approprier cette technologie qui est source d’emplois pour la jeunesse. L’objectif étant que ces milliers de jeunes puissent installer, gérer et assurer la maintenance de ces centrales solaires.
Des recherches montrent qu’aux Emirats Arabes Unis, en Inde, en Chine, en Afrique, en Amérique latine, aux USA, en Allemagne et en Italie, le futur est vraiment solaire. Au royaume de l’atome, on le cherche encore, faisant ainsi du nucléaire un boulet.

Ps : les sources sont disponibles à la demande au courriel [email protected]

Alidou KOUTOU
M.Sc.A. Génie Électrique
Drs Génie-Électrique
Membre de la Conférence Internationale des Grands Réseaux Électriques (CIGRÉ)
PV : 2,6 centimes le kWh

Source : LeFaso.net

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