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1,5 million de francs par an grâce au photovoltaïque | Les Nouvelles calédoniennes

Article original - Publication : 13/05/2016 - imprimer

Publié le mercredi 11 mai 2016 à 03H00

Le conseil municipal a autorisé, hier, la ville de Nouméa à revendre le surplus de l’électricité produite par ses trois centrales photovoltaïques. Une démarche qui permettrait d’amortir les investissements en vingt ans.

Sur le toit de l’hôtel de ville, le mardi 10 mai. Les panneaux photovoltaïques ont été installés en 2012. Leur puissance est de 32,16 kWh. La centrale la plus puissante est celle de l’école Guy-Champmoreau qui est aussi la plus récente.

Sur le toit de l’hôtel de ville, le mardi 10 mai. Les panneaux photovoltaïques ont été installés en 2012. Leur puissance est de 32,16 kWh. La centrale la plus puissante est celle de l’école Guy-Champmoreau qui est aussi la plus récente.

Photo Thierry Perron

A l’époque, la démarche était présentée comme une petite révolution écologique. Aujourd’hui, elle répond aussi à une logique économique.

Le conseil municipal a entériné hier une délibération qui habilite la maire à vendre la production de ses trois centrales photovoltaïques. La première a été installée sur le toit de l’école Gustave-Mouchet à Montravel en 2010, la deuxième sur celui de l’hôtel de ville en 2012 et la troisième a directement été intégrée au projet architectural lorsque l’école Guy-Champmoreau a été créée à Tuband en 2013. Jusqu’à aujourd’hui, seule la production de Gustave-Mouchet était autoconsommée pour répondre aux besoins de l’établissement avant d’être revendue à EEC au tarif de 11,76 francs le kWh. Sur les deux autres sites, la production ne profitait même pas aux bâtiments. En revanche, elle était réinjectée gratuitement dans le réseau électrique d’EEC, qui pouvait la revendre par la suite.

Déployer sur d’autres bâtiments

« Nous avons présenté notre dossier au gouvernement en septembre l’an dernier », raconte Françoise Suvé, adjointe en charge de l’environnement. Une première proposition est faite à 20,82 francs le kWh. Après négociation, le tarif adopté est finalement de 22,59 francs. « On souhaite déployer le dispositif à d’autres bâtiments, mais il ne faut pas que ce soit fait à perte. »

Pour établir ce coût de vente, les équipes municipales ont tablé sur l’estimation de la production annuelle en intégrant les frais d’installation initiaux ainsi que le renouvellement des composants. Depuis la première initiative de 2010, la mairie a investi 72 millions.

Le nouveau contrat devrait permettre de rentabiliser cet investissement en vingt ans. Un montant qui prend en compte les recettes de la vente de la production, soit 1,572 million par an mais aussi les 2 millions gagnés chaque année sur la facture d’électricité des bâtiments concernés. « Actuellement Guy-Champmoreau produit plus qu’elle ne consomme et Gustave-Mouchet est à l’équilibre. En revanche, l’hôtel de ville a encore des besoins beaucoup plus importants que ce qu’il produit. » Une analyse qui prend aussi en compte les périodes de vacances, pendant lesquelles les écoles sont inutilisées.

Les caractéristiques techniques des bâtiments, comme leur exposition, sont actuellement étudiées dans l’optique d’installer de nouvelles centrales sur le parc immobilier municipal. « C’est une bonne chose que la mairie s’y mette, confirme le coordinateur de l’association Synergie qui œuvre à développer les énergies renouvelables localement. Ils avaient de l’avance en termes d’installation. Si cela peut enclencher une dynamique auprès des gestionnaires de bâtiments, c’est encore mieux. »

Un audit en cours

Pour la mairie, l’objectif est aussi de mieux gérer sa propre consommation pour que la démarche soit complètement cohérente. « Avant de produire de l’énergie, il faut surtout moins en consommer », complète Philippe Jusiak, directeur des services techniques.

Un audit énergétique des bâtiments est en cours pour repérer où des efforts pourraient être réalisés. Regroupement des services dans moins de bâtiments, isolation thermique des écoles, peintures extérieures, aucune piste n’est écartée. Elles seront ensuite évaluées en partenariat avec le comité territorial de la maîtrise de l’énergie. « Le bioclimatique est encore très récent en Calédonie, on a peu de retour d’expérience », ajoute Françoise Suvé.

Si rien n’est encore acté, d’autres pistes sont envisagées comme le développement d’un parc de véhicules électriques et l’installation de bornes de rechargement. « Des contacts ont été pris avec des importateurs », assure Philippe Jusiak. La révision du plan d’urbanisme directeur (PUD) intégrerait aussi une réflexion sur l’implantation d’éventuelles fermes photovoltaïques.

22,59 

C’est en francs le prix auquel EEC va racheter l’électricité produite par la ville. Pour un particulier, le tarif est de 21 francs le kWh depuis

le 1er décembre 2015.

En prenant en compte la production des trois centrales, la mairie espère toucher 31 millions sur 20 ans.

Repères

La climatisation des écoles évoquée

Au cours de la commission du 20 avril, la députée-maire Sonia Lagarde a souhaité revenir sur la proposition du groupe de l’opposition d’équiper les écoles de climatiseurs solaires. Elle a précisé que « toutes les écoles ne permettent pas aujourd’hui de recevoir des panneaux photovoltaïques en raison de leur orientation. » Elle s’engage cependant à communiquer les résultats de l’étude en cours aux conseillers.

Le photovoltaïque dans la ville

La mairie n’est pas la seule à s’équiper. En 2014, le collège de Magenta a récupéré les panneaux photovoltaïques de l’ancienne gare de péage de Tina. Un dispositif a aussi été installé au lycée Jules-Garnier. Deux gros projets de fermes photovoltaïques sont annoncés. Le premier sur le toit du Port autonome pour un montant de 290 millions et le second sur l’ancienne décharge de Ducos avec une enveloppe prévisionnelle de 324 millions.

Stéphanie Chenais Imprimer Recommander Wikio Facebook Twitter digg
Source : www.lnc.nc

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