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Réauville : Débats autour du futur parc photovoltaïque

Article original - Publication : 21/02/2016 - imprimer
Réauville parc photovoltaïque

« On aime la nature, on vit avec notre cœur. On est seulement des habitants qui souhaitent comprendre pourquoi on a fait cela… ». Sylve Wood, habitante de Réauville a découvert le terrain qui va accueillir les panneaux photovoltaïques « un dimanche en me baladant avec mes chiens ». Depuis, elle se pose des questions et est en colère. « Les citoyens de la commune n’ont rien vu venir ». Elle et Clement Chevru, conseiller municipal ont décidé de réagir.

Un comité citoyen pour Réauville pour apporter du dialogue

Dans cette petite commune du sud Drôme, l’installation en cours d’un parc photovoltaïque devant contenir 16 000 panneaux fait grincer les dents de certains habitants.

La déforestation de 10 hectares sur le plateau de la Clave au nord, de la commune, nécessaire à la réalisation du projet, a du mal à passer. Les derniers coups de ciseaux dans la forêt réalisés, Sylve Wood et Clement Chevru ont décidé de créer un comité citoyen. Ils souhaitent à leur manière créer un lien plus concret avec la municipalité et être une source de propositions et d’initiatives pour la commune. Ils sont soutenus dans leur action par la conseillère régionale Corinne Morel Darleux (Partisane de l’écosocialisme intégral et membre du Parti de Gauche. En déplacement à Berlin, elle n’a pas pu nous répondre). Leur démarche, tardive, est résolument pacifique : « Je suis persuadée que rien ne peut être résolu par la violence. Nous, ce que nous voulons, c’est du dialogue avec la municipalité. Pour ne pas que ce genre de chose se reproduise ».

Le comité propose entre autres une présence permanente d’un membre au conseil municipal. « Nous n’allons pas à l’encontre du maire, mais il faut du dialogue, ce genre de chose n’aurait pas dû arriver ».

Le projet critiqué par l’APEG et par le comité

Critique envers la réalisation du projet, le comité citoyen pointe du doigt le nombre d’hectares ratiboisés en s’appuyant sur un rapport de l’APEG (Association pour la protection de l’environnement du Pays de Grignan et de l’Enclave des Papes) et sur les recommandations de la DDT (Direction départementale des Territoires de la Drôme) : « La DDT avait préconisé un espace de 4,6 hectares correspondant au 3 % de la taille du massif de Réauville. » Ils s’étonnent que le projet fasse près de 10 hectares aujourd’hui.

L’APEG, dans un rapport datant de juillet 2015, pointe également du doigt le risque d’incendie « Les pompiers ne peuvent pas intervenir sur des panneaux photovoltaïques à cause du courant. Est-ce bien raisonnable de faire ça au milieu de la nature ? » explique Clement Chevru.

Le rapport met également en cause l’impact du projet au plan hydrologique et géologique. Le comité souligne également que l’endroit abritait des espèces protégées.

Marie-Hélène Soupre :« Le projet date de 2009, tout a été respecté »

Pour la maire de Réauville Marie-Hélène Soupre, le comité se réveille un peu tard et ne maitrise pas bien le sujet : « Une fois que les arbres sont abattus, le comité se crée, c’est un peu facile. Je tiens à rappeler que ce projet date de 2009 ». Elle ajoute qu’il « respecte toutes les normes en vigueur au niveau de l’environnement. Et elles sont draconiennes. Tout est conforme. Le permis de construire a été validé par l’État. Tout ce qui a pu être fait, a été fait. ».

Elle précise en outre que l’exploitant SolaireDirect a comme obligation de reboiser une autre parcelle pour compenser celle en question « 10 hectares vont être reboisés. Pas à Réauville, mais c’est une obligation pour eux. »

Sur les espèces protégées, elle explique aussi que « 10 hectares autour des panneaux sont maintenant réservés aux animaux, il est interdit d’y toucher. Tout a été mis en œuvre pour que cela soit respecté ». Le lieu ? : « On ne peut pas installer 10 hectares de panneaux photovoltaïques uniquement sur les toits, il faut bien les placer quelque part… »

Le projet estimé à 5 millions d’euros, devrait rapporter 40 000 €/an à la commune sur une période de 40 ans (26 ans plus deux fois 7 ans renouvelable) pour la location du terrain à SolaireDirect.

Pierre Dautriat

Source : www.e-tribune.fr

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