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Energie solaire : Lâ??Algérie à lâ??heure du photovoltaïque

Article original - Publication : 26/02/2016 - imprimer

Enquête réalisée par Samia D.

Détentrice de la seconde plus grande réserve de gaz d'Afrique et de la troisième plus grande réserve de pétrole du continent, l'Algérie a récemment revu à la hausse ses objectifs d'ici à 2030 en termes d'énergies renouvelables, encourageant une plus grande diversification de la consommation intérieure. Toutefois, l’énergie solaire qui fait ses premiers pas a besoin d’être soutenue, et de grands défis nous attendent dont le défi technologique est sans doute le plus difficile à relever, du moins dans l’immédiat.

Le soleil veille bien sur nous. Il nous gâte même avec sa générosité, sa chaleur et ses rayons, sources de vie et d’énergie. C’est carrément notre bonne étoile. Et c’est aussi et surtout, une énergie verte et peu coûteuse, comparée, à d’autres ressources tarissables et dont les réserves sont souvent limités.

La solution du solaire se précise  

Le soleil est plus qu’un pourvoyeur de lumière ou d’énergie. Aujourd’hui, la solution solaire se précise, de plus en plus pour devenir l’énergie la plus répandue et la plus répartie dans le monde. En une année, l’humanité entière consomme 10 milliards de tonnes équivalent pétrole. Cette quantité représente moins de 3 % de ce que le soleil nous envoie gratuitement chaque jour. Renouvelable tant que le soleil continuera de briller. 
Cette ressource, s’est imposée, ces dernières années comme énergie renouvelable, à portée de main qui contribue, à la réduction des gaz à effet de serre d’une part, et la production de l’électricité. Il faut dire que les systèmes photovoltaïques permettent aujourd’hui de produire en France, à titre illustratif, environ 190 GWH, correspondant à la consommation électrique de 85.000 habitants.
En fait, la particularité de cette énergie est à l’origine de l’intérêt accru, accordé au solaire, pas uniquement dans les autres pays, mais, aussi, en Algérie, qui s’oriente, depuis quelques années, vers cette ressource gratuite et abondante. Détentrice de la seconde plus grande réserve de gaz d'Afrique et de la troisième plus grande réserve de pétrole du continent, l'Algérie a récemment revu à la hausse ses objectifs d'ici à 2030, en termes d'énergies renouvelables, encourageant une plus grande diversification de la consommation intérieure.
Le programme national des énergies renouvelables, visant à produire 37 % de des besoins nationaux  en électricité, à partir de sources d'énergie renouvelable d'ici à 2030, confirme cette nouvelle orientation favorisant l'amélioration de l'efficacité énergétique à même de contribuer à des économies de 42 milliards de dollars sur 15 ans, avec 60 milliards de dollars d'investissements prévus, sachant que le coût de production actuel d’électricité est très élevé. Il suffit de savoir que  le groupe Sonelgaz enregistre un déficit de 80 milliards de dinars.  

Une ressource qui tente de plus en plus

En effet, l’efficacité énergétique intéresse les pouvoirs publics qui réfléchissent d’ores et déjà, à la période de l’après pétrole.
 Les filières du solaire photovoltaïque et éolien sont particulièrement privilégiées et ce, dans le cadre du programme en question qui   se fixe comme objectif la production de 22.000 MW, pour les besoins du marché national, sur la période 2015-2030, soit, près du tiers des besoins du pays en électricité, dont plus de 4500 MW à  réaliser, d’ici 2020.
Les capacités en énergies renouvelables seront installées selon les spécificités des régions du Sud et des hauts plateaux, compte tenu de la disponibilité des espaces et de l’important potentiel solaire et éolien qui privilégie ces régions. Ce qui se traduira par l’hybridation des centrales existantes fonctionnant au diesel, contribuant ainsi à la réduction de la consommation des combustibles fossiles.
 Il est également prévu l’électrification des sites épars qui ne peuvent être alimentés par le réseau conventionnel, sans oublier les régions du littoral et ce, selon la disponibilité des assiettes de terrain avec l’exploitation de tous les espaces possibles tels que les toitures et terrasses des bâtiments. Il faut dire que conformément à la règlementation en vigueur, la réalisation du programme est ouverte aux investisseurs  publics et privés nationaux et étrangers. La mise en Å“uvre de ce programme bénéficie de l’apport substantiel et multiforme de l’Etat qui intervient notamment à travers le Fonds national des énergies renouvelables et cogénération (FNERC), alimenté par un prélèvement de 1% de la redevance pétrolière.
Un mécanisme d’encouragement basé sur les tarifs d’achats garantis est mis en place par la réglementation. Ainsi, le producteur d’énergie renouvelable bénéficie de tarifs d’achats qui sont garantis pour une durée de 20 ans pour les installations en photovoltaïque et en éolien. Les filières ne bénéficiant pas des tarifs d’achat garantis seront financées par le FNERC, à hauteur de 50% à 90% du coût de l’investissement, selon la technologie et la filière retenues.
Ce programme, au-delà de son impact sur l’environnement et l’économie a des retombées très significatives en termes de création d’emplois, d’industrialisation, de développement technologique et d’acquisition de savoir-faire, contribuant ainsi à la croissance économique du pays. Cette démarche est soutenue,  faut il, le préciser par le programme de  l’Agence pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) qui s’attelle à intégrer l’efficacité énergétique dans le bâtiment,   dans un souci d’aller vers la maîtrise de  la consommation d’énergie des ménages. Ce projet pilote baptisé "Ecobât" ayant pour but principal d'évaluer les gains d’énergie en chauffage et en climatisation est appelé à toucher toutes les wilayas, à travers une évaluation réelle des gains en énergie, obtenus par les habitations construites suivant les normes d’efficacité énergétique, comparés  à d’autres dans la même région qui n’ont pas été concernés par les mesures d’efficacité énergétique.  Il s’agit, aujourd’hui, de réduire la consommation de l’énergie par les foyers à travers les équipements de chauffage, ventilation et climatisation, sachant que ces derniers consomment entre 16 et 50% de la totalité de l’énergie. Il faut souligner que les cahiers des charges sont élaborés par l’APRUE et un avis d’appel d’offres sera incessamment lancé pour concrétiser ce projet, selon des sources de l’APRUE. Une évaluation de l’efficacité énergétique des logements a, d’ailleurs, été lancée à Djelfa.  Cette opération, à vrai dire, initiée, en 2014, a concerné pas moins de 4.000 logements, ciblés  à Mostaganem, avec le concours du ministère de l’Habitat. Il faut souligner que la réhabilitation thermique des habitations assure un gain de 63 millions de tonnes équivalent pétrole, qui représente la somme de 42 milliards de dollars, en sus de la réduction des émissions de gaz de situées autour de 163 millions de tonnes de CO2. Le directeur général de l’APRUE a annoncé, récemment que la mise en Å“uvre du programme national de développement de l’efficacité énergétique conduira à l’isolation thermique de 100.000 logements par an, la réduction 200 millions de tonnes de CO2.

La SKTM s’y investit  à fond

Shariket el kahraba wa el takat el moutadjadida, filiale du Groupe Sonelgaz, a été créée, en 2013, dira, le PDG, de cette dernière, M. Boulakhras Chahar, pour l’exploitation des réseaux d’énergie électrique isolés du Sud, c’est à dire la production d’électricité en conventionnel, le développement des infrastructures électriques du parc de production des réseaux isolés du Sud, de l’Engineering, de la maintenance et de la gestion des centrales électriques relevant de son champ de compétence, la commercialisation de l’énergie produite pour les filiales de distribution notamment après le déploiement des énergies renouvelables sur les réseaux interconnectés. En d’autres termes, la concrétisation du programme national de développement des énergies renouvelables, à travers tout le territoire. Pari  tenu, pour cette entreprise qui avait réussi aux populations du Sud, un été 2013, sans coupures, avec un programme d’urgence, mis en place, pour parer à toute éventualité. Le premier responsable de la SKTM, expliquera que l’été 2013 a été marqué par un apport en puissance additionnelle de 121,3 MW soit, 101MW en Turbines à gaz mobiles, 20,3 MW en groupes diesel et 22 MW de capacité récupérée grâce un plan de maintenance, ramenant la capacité totale des réseaux isolés du Sud à 336 MW, alors que la puissance maximale appelée dans ces mêmes régions ne dépassent point les 208 MW, ce qui a permis d’assurer une période estivale sans délestage. Cet effort est maintenu pour couvrir la puissance maximale appelée pour l’été 2014, par l’apport en puissance additionnelle de l’ordre de 200,5 MW, en plus d’une réserve tampon. La même année a été marquée également par, la mise en service de la centrale expérimentale de Ghardaïa, ainsi que la ferme éolienne d’Adrar. La SKTM qui multiplie ses actions, au grand Sud, a reçu le prix du meilleur opérateur national dans le domaine des énergies renouvelables, en 2015.    
    
industriels  et formateurs se ruent sur l’option du solaire

C’est un fait. Le solaire fait chavirer, aujourd’hui, les industriels qui se lancent dans la fabrication des panneaux photovoltaïques. L’espoir d’aller vers un mode énergique, basé sur le renouvelable est désormais permis, avec  l’entrée en lice de Condor Électroniques, l’ENIE, déterminée aujourd’hui, à prendre le train des énergies propres, et ce à travers l’investissement dans ce domaine. Condor, a, en effet, investit 938 millions de dinars dans l'énergie solaire. Son siège situéedans la zone industrielle de la ville de Bordj Bou Arréridj qui emploie aujourd’hui, prés de 5.000 travailleurs. Condor ne s’arrête pas là. Bien au contraire, elle va plus loin, s’engageant  dans un partenariat avec la société américaine ENKI technologie s’inscrivant dans une démarche qui lui permet de s'approprier les dernières innovations technologiques dans le domaine de l'énergie solaire. Une convention a été signée dans ce sens, en 2014 un partenariat avec cette entreprise américaine, située en Californie pour le développement de modules photovoltaïques spécifiquement conçus pour le climat de la zone MENA (Moyen Orient et Nord Afrique). Le processus innovant consiste, notamment, à développer des couches qui réduisent l'adhérence des poussières et du sable tout en améliorant la durée de vie des modules photovoltaïques. L’alternative du solaire, aujourd’hui, pour un pays, dont la durée d’insolation sur la quasi totalité du territoire national dépasse les 2.500 heures annuellement et peut atteindre les 3.900 heures, dans les Hauts plateaux et Sahara, fait que la carte de la formation a été élargie, ces dernières années, au solaire photovoltaïque et aux énergies renouvelables de manière générale, d’autant plus que le photovoltaïque peut réduire de 35 à 80% la facture énergétique du consommateur.

Le solaire dans les écoles de formation

Le directeur de la GMCE d’Oran, l’une des premières écoles, dédiées aux métiers du solaire, M. Mohamed  Bendjabbar, contacté à ce sujet, dira que l’Énergie solaire est un créneau  émergent qui nécessite un savoir-faire et une maîtrise des produits spécifiques, à même de garantir la fiabilité des installations qui dépendent fortement de la qualité de leur mise en Å“uvre. Il ajoutera également que son établissement l’Ecole assure la formation des de consultants, de managers et de techniciens, chargés de l’installation des panneaux photovoltaïques.  «Nous organisons des sessions de formation  à la demande», insistera-t-il, avant d’jouter que l’Ecole propose un cursus adapté aux compétences de chacun, constitué de modules théoriques et pratiques où l’installateur est accompagné,  pas à pas, dans sa première installation. M. Bendjabbar, évoquant l’intérêt suscité par cette spécialité, mettra en exergue, d’emblée, l’évolution du  nombre de formés, dans ce domaine qui est passé de 53, en 2013, à 108, en 2014, puis 187, en 2015, portant ainsi, à 381, le nombre de consultants, managers et autres, formés dans ce domaine, représentant respectivement des ratios de 15,23%, 31,03% et 53,45%, par rapport  l’effectif  formé par la GMCE.
Une chose est sûre, le solaire photovoltaïque est à même de remplacer carrément les énergies conventionnelles qui ont une durée de vie limitée, sans parler de leur impact sur l’environnement.    
Samia D.

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Boulakhras Chahar, PDG de la SKTM à El Moudjahid
« 3.500 ouvriers pour le suivi des projets »

L’Algérie s’engage sur la voie des énergies renouvelables afin d’apporter des solutions globales et durables aux défis environnementaux et aux problématiques de préservation des ressources énergétiques d’origine fossile. En tant que partie prenante de ce programme, comment voyez- vous, l’avenir de ces énergies propres pour un pays comme l’Algérie qui s’oriente désormais vers les ressources écologiques ?
Shariket Kahraba wa Taket Moutadjadida, est une société de production d’électricité, dont le capital est souscrit entièrement par le holding Sonelgaz. Créée le 7 avril 2013, par scission de la société dont le siège social est basé à Ghardaïa. La société SKTM est née dans un contexte mondial de prise de conscience généralisée pour lutter contre le réchauffement climatique, et le recours massif aux énergies nouvelles et renouvelables sous toutes les formes, directes (photovoltaïque, thermique) ou indirectes (éolien, biomasse) qui doivent s’imposer comme une priorité, voire, comme une évidence. Mais à côté de cela, la demande en énergies, notamment dans les régions du Sud de l’Algérie, connait une évolution fulgurante, depuis 2008, et passe à une évolution à deux chiffres, au moment où la pointe d’hiver est passée vers l’été, induite par le besoin de climatisation. En plus des enjeux liés au réchauffement climatique, l’épuisement des ressources énergétiques traditionnelles, le pétrole, le gaz naturel entre autres, le recours aux énergies propres, n’est plus une question de choix mais beaucoup plus une question de devenir des nations.
D’autant plus que l’Algérie jouit d’un potentiel solaire des plus importants de par le monde, et d’un potentiel éolien également non négligeable, ajoutés à l’étendue de son territoire, lui permettant d’implanter les ouvrages de production d’électricité par les procédés renouvelables sans encombre. Considérant ces potentialités énormes, l’Algérie a décidé d’un programme de développement des énergies renouvelables, visant à installer une puissance de l’ordre de 22 000 MW, à l’horizon 2030, avec l’objectif d’atteindre une participation des énergies renouvelables dans la production globale d’électricité à hauteur de 27%. Il faut rappeler en ce sens, qu’à l’achèvement de ce programme, l’Algérie accédera à une position de leader régional dans le domaine des énergies renouvelables.

La SKTM a été créée, pour contribuer à l’effort de valorisation des énergies renouvelables en Algérie. Quelle est la stratégie de votre entreprise, à court, moyen et long termes, notamment dans le domaine du solaire ?
Il est vrai qu’à l’heure actuelle, SKTM est désignée comme l’outil de réalisation par excellence de ce programme, de par sa position d’opérateur public, ou de précurseur, ce qui ne veut pas dire que SKTM réalisera toute seule ce consistent programme de 22.000 MW. La loi permet et depuis 2002, aux particuliers de réaliser des projets et produire de l’électricité par les procédés renouvelables, ajouté à cela l’impératif d’impliquer le secteur de la recherche (les centres de recherches et les universités) en vue de perfectionner les procédés, d’apporter de nouvelles solutions, d’améliorer les coûts de réalisation des projets, améliorer le rendement des ouvrages de production, etc. A ce titre, je note que SKTM a signé plusieurs conventions de coopération scientifique et technologique avec les universités de Ghardaïa, Ouargla et Adrar, et les centres de recherches (le CDER et le CDTA), lesquels peuvent utiliser les centrales comme lieux de recherche, d’une part, et former des ressources humaines spécialisées et qualifiées dans le domaines des ENR, qui permettront de réaliser les futurs projets exclusivement avec les potentialités et les compétences nationales. Je noterai également à juste titre que le CDER et le CREDEG (filiale de Sonelgaz) sont en phase de réaliser les études de potentiels solaire et éolien pour le compte de SKTM. Il importe de souligner en outre que l’intégration nationale, dont laquelle SKTM peut jouer un rôle important, passe aussi par l’avènement d’un tissu industriel autour des ENR, par la mise en place de PME/PMI qui peuvent contribuer dans la réalisation du PNER, par la fourniture des accessoires et autres composants qui peuvent être fabriqués localement, dans un premier temps, avant de réussir dans la fabrication des équipements importants comme les modules, les onduleurs, etc. en ce sens, SKTM a confié le lot génie civil des 21 centrales photovoltaïques lancées en réalisation, à des entreprises algériennes, dans le but de constituer un vivier sur lequel on pourra compter, à l’avenir, notamment en matière de montage, en seconde phase.

Quels sont les moyens  mobilisés sur les plans de matériel, humain et financier pour la mise en route de votre plan d’action et quelles sont les échéances fixées ?
Il convient de souligner que le projet 343 MW en photovoltaïque poly cristallin, entamé en réalisation depuis début 2014, et dont une quinzaine de centrales sont déjà mises en service, a été confié à deux opérateurs chinois (258 MW) et allemand (85 MW), après le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt sur la base d’un short liste refermant les tops opérateurs à travers le monde, soit une trentaine. Néanmoins, SKTM en tant que maître d’œuvre et d’ouvrage, a recruté des centaines d’ingénieurs et de techniciens, pour des emplois directes, sans oublier les emplois indirects pour les besoins des chantiers, soit 200 ouvriers par chantier, soit un ratio  de 10 ouvriers par Mégawatt installé, ce qui nous donne 3500 ouvriers algériens engagés. Ces recrutements sont destinés à assurer le suivi des projets, pour les besoins de l’engineering, ayant suivi des formations dans les écoles de l’IFEG (institut de formation en électricité et gaz) qui est une filiale du Groupe Sonelgaz, ainsi que des formations liées aux contrats de réalisation assurées par les deux constructeurs.
La société a recruté également des dizaines d’ingénieurs et de techniciens destinés à l’exploitation des ouvrages une fois réceptionnés, ayant subi également des cursus de formation spécialisée. Il y a lieu de noter, que le génie civil des centrales lancées en réalisation a été confié à des entreprises algériennes, afin de leur permettre d’acquérir une expérience suffisante pour les projets futurs, une démarche qui s’inscrit dans le sillage de la politique d’intégration nationale, notamment en ce qui concerne le montage dans une première phase. Pour ce qui est des perspectives, la société a mis en place dix stations de mesures météorologiques, qui permettent d’effectuer des mesures de potentiels au sol, en conditions sites. Ces stations sont confiées au CREDEG (centre de recherche et de développement de l’électricité et du gaz) filiale de Sonelgaz, pour exploitation des données. Quand au coût du projet 343 MWc, en photovoltaïque poly cristallin, il est de 60 Milliards de dinar.   

La SKTM, est une filiale de la Sonelgaz qui existe depuis 2013, quels sont les projets réalisés et quelles sont les perspectives de l’entreprise ?
En effet, le Programme national des énergies renouvelables a été entrepris et sera réalisé sur plusieurs phases bien réfléchies, d’abord, la phase expérimentale, qui consiste en la réalisation de projets pilotes, qui visent essentiellement à l’acquisition d’une expérience, à établir une cartographie du potentiel solaire et éolien, par des mesures au sol, ainsi que la formation des ressources humaines susceptibles de faire face aux enjeux futurs.
Cette phase a vu la création de SKTM, filiale 100% de Sonelgaz, et l’aboutissement de deux projets expérimentaux, la centrale PV de Ghardaïa (1,1MW) pour tester les quatre technologies PV disponibles et la ferme éolienne d’Adrar (10MW), inaugurés en juillet 2014.Cette phase ainsi achevée, l’année 2014 a connu le lancement du projet 343MW confié en réalisation, dans les hauts plateaux (11 centrales : Souk Ahras, M’sila, Djelfa (1) et (2), Laghouat (1) et (2), Ouargla, El Bayodh, Naâma, Saida, Sidi Belabes) région In Salah-Adrar-Timimoun (07 centrales : Adrar, In Salah, Kebertène, Reggane, Zaouyet Kounta, Aoulef et Timimoune ) et 3 autres centrales à Tindouf, Djanet et Tamanrasset. Selon l’autorité de régulation, le reste du programme consistera en le déploiement du programme à l’échelle industrielle. La troisième phase, c’est celle du déploiement à grande échelle, par la réalisation de grandes puissances annuellement, cependant, 8.600MW seront installés durant la période allant de 2021 à 2030. Alors que les consistances à réaliser par filières à l’horizon 2030, sont énumérées comme suit : 13.575 en photovoltaïque, 5.010 en éolien, 2.000 en solaire thermique, 1.000 en biomasse, 400 en cogénération et 15 en géothermie, se qui nous donnera 22.000 MW. Pour concrétiser le programme, des préalables doivent être réunis, à savoir, l’accès au foncier, la disponibilité de ressources financières car il s’agit de projets capitalistiques, et enfin, les études des potentiels solaires et éolien.
Entretien réalisé par S. D.

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M. Smail Amzal, Directeur de l’entreprise « 2S Energie Solaire »
«La subvention des installations est indispensable

Si, dans certains pays, l’alimentation des ménages, en électricité ainsi que le chauffage, proviennent, en grande partie, du soleil,  transformé, en énergie, détenant même un record, dans ce domaine, comme c’est le cas, en Allemagne où la filière photovoltaïque, limitée, au départ, à des niches de faible taille et des sites isolés qui permet, aujourd’hui, de fournir prés de 6,9 % de ses besoins en électricité sur la période 2013-14, ce n’est pas le cas, chez-nous, où, cette option demeure encore, à l’exception de quelques projets, lancés, ici, et là, à l’état embryonnaire et ce, en dépit de la bonne volonté des pouvoirs publics qui consacrent tout un programme pour valoriser les énergies renouvelables, notamment, le solaire photovoltaïque, devenu irréversible, pas seulement pour les autorités, mais également pour certains fournisseurs particuliers de ce service, qui tentent désormais, l’aventure du solaire et restent optimistes quant à l’avenir de ce nouveau marché qui peut s’avérer très porteur, dans les années à venir. En effet, selon, M. Smail Amzal, diplômé en électrochnique, de l’Université Abderrahmane-Mira, de la wilaya de Bejaïa et directeur de l’entreprise 2S Energie Solaire, spécialisée dans l’installation de panneaux photovoltaïques, créée, en 2010, l’énergie solaire, fait ses premiers pas, en Algérie et a besoin d’être soutenue,  pour réaliser, le passage aux énergies propres. «Il s’agit, d’aller vers l’instauration de la culture du photovoltaïque solaire ou de l’éolien, chez le citoyen», estimera-t-il, avant de poursuivre que la subvention des installations photovoltaïques reste le meilleur, voire l’unique moyen, pour encourager la culture du solaire. Le premier responsable de cette entreprise, basée à Chéraga, pour une période de trois mois, avant de s’installer au sud du pays, plus exactement dans la ville pétrolière de Hassi Messaoud où les possibilités de décrocher des marchés sont beaucoup plus importantes, revenant sur le  montage de sa boîte, soulignera que l’idée remonte, à l’année 2010, lorsqu’il est allé visiter la Foire internationale d’Alger plus exactement au niveau de l’un des pavillons, dédié aux énergies renouvelables et où étaient exposés des échantillons de panneaux solaires et de générateurs à vent, par un constructeur allemand et suite à une invitation de ce dernier, il s’est rendu à Berlin et a visité les locaux de cet industriel.

Pour un appartement standard, le prix est passé de 700.000 DA à 350.000 DA !

«J’avais acheté le 1er lot de kits solaires, composé d’une centaine de panneaux photovoltaïques et leurs accessoires, puis, nous avons ouvert notre showroom qui a enregistré des visiteurs en provenance  du Sud, intéressés par nos services, et nous est venu l’idée de transférer l’entreprise au Sud par rapport au Nord», affirmera, M. Amzal a propos du  coût de cette technologie, que pour un appartement standard, composé d’un poste téléviseur, un réfrigérateur, un chauffe-eau, une dizaine de lampes et divers équipements, sans la climatisation, a connu une baisse significative, après négociation avec le constructeur en question, sachant qu’en 2010, ce dernier se situait autour de 700.000 DA, puis à 500.000 DA, en 2015, avant de le ramener à 350.000 DA, en 2016. Il estimera, également que la cherté des équipements photovoltaïques constitue un handicap majeur à la généralisation de l’option des énergies renouvelables, notamment lorsqu’il s’agit des particuliers. Concernant les projets de la «2S Energie», il relèvera que sur la période 2011/201, une soixantaine de familles nomades à Bordj El Haouas, à Djanet et Tamanrasset ont été alimentées, en électricité, en mode de réseaux isolés. L’équipement de la station d’épuration des eaux usées de la région d’Indibiren, à Djanet, était aussi, parmi  les marchés, attribués à la même entreprise. Tous ces projets sont financés par la wilaya auxquels s’ajoutent d’autres chantiers, dans le cadre de l’alimentation en énergie solaire des panneaux publicitaires pour le compte, cette fois-ci, du Groupe Cevital, à Dély Brahim, réceptionné, en 2014 , outre les espaces publicitaires, loués à Renault, Mobilis, Nedjma,  Djezzy et quelques sociétés Algériennes d’envergure.
Côté particuliers, cinq villas, dans la région d’Azzeffoun, se sont mises au photovoltaïque solaire. Huit autres clients ; des aviculteurs ont également sollicité 2S Energie pour alimenter leurs poulaillers, situés dans des endroits isolés qui connaissent en été, des chutes de tension sur le réseau de Sonelgaz, menaçant leur système de refroidissement. En fait, le principe de fonctionnement est simple, selon Smail Amzal qui expliquera que les panneaux photovoltaïques produisent l’électricité le jour, alimentant directement les installations, appelées à recharger, à leur tour, les batteries stationnaires solaires qui prendront le relais la nuit. «Ça fonctionne de manière automatique jour et nuit, avec trois jours d’autonomie», dira-t-il, avant d’ajouter que le client reçoit, sur le champ une formation au fonctionnement des équipements installés. Le contact est maintenu avec le client jusqu’à la maitrise totale des kits, précision de taille, garantis, pendant 12 mois, en moyenne.

Le climatiseur solaire à 120.000 DA

Le patron de 2S Energie, qui ne manquera pas de souligner que le produit phare de son entreprise pour 2016, est le climatiseur solaire, fabriqué par un groupe de trois sociétés Françaises (SOCOPRE), composé de deux panneaux solaires et dont le coût s’élève à 120.000 DA. Aujourd’hui, les énergies renouvelables peuvent jouer un rôle indéniable dans la production de l’électricité. Ce n’est pas tout, puisqu’il est même possible de revendre par les particuliers, le surplus, produit par la technique du photovoltaïque solaire, considérée comme alternative aux problèmes financiers rencontrés par la sonelgaz qui n’exclut pas le recours à l’emprunt extérieur pour financer ses projets. C’est enfin, la conviction de M. Amzal qui  persiste et signe que le solaire peut se révéler, un marché prometteur, pour un pays comme l’Algérie qui a 17 heures d’ensoleillement, en moyenne, par jour, en été, au sud, et entre 14 et 15 heures d’ensoleillement, par jour, au nord, mais pour cela, le recours à la subvention par l’Etat, à hauteur au moins de 50% des installations, et l’octroi par les banques de crédits sans intérêts  demeurent indispensables.                                                 
S. D.
 

Source : www.elmoudjahid.com

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