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Une centrale géante prévue

Article original - Publication : 08/03/2011 - imprimer
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EDF EN a injecté près de 430 millions d'euros sur la BA 136 (Photo: archives RL)

La centrale photovoltaïque file à la vitesse de la lumière. Annoncée en mars 2010, opérationnelle en mai 2012 au plus tard, la centrale photovoltaïque de Toul-Rosières devrait pulvériser des records de rapidité d'instruction. Surtout en plein moratoire qui plombe la filière.



Marie-Odile Nicolas
(Le Républicain lorrain)

Mars 2010, la campagne pour les élections au conseil régional ronronne. Le 1er mars, Nadine Morano, alors secrétaire d'État chargée de la Famille et de la Solidarité, candidate UMP en Meurthe-et-Moselle, réveille tout le monde en annonçant l'arrivée d'une mégacentrale photovoltaïque sur la base aérienne 136 de Toul-Rosières. «Ce sera la plus grande centrale photovoltaïque au monde avec une puissance de 143 MW», claironne la candidate. Derrière le projet, EDF Énergies nouvelles (EDF EN), filiale rentable à 50% d'EDF chargée des énergies vertes.

L'arrivée de près de deux millions de panneaux photovoltaïques à Toul-Rosières fait grincer des dents le patron du conseil général, Michel Dinet, mais ravit les maires concernés. Le premier voit ses efforts de développement d'une filière solaire sur le site tomber à l'eau, les seconds ne cachent pas leur joie de ne plus subir les désagréments du Technival et autres rassemblements évangéliques.

Trois semaines après la déclaration de Nadine Morano, Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo signent une lettre de mission à Jean-Michel Charpin et Claude Trink. La filière photovoltaïque est alors en surchauffe. Au prix où EDF rachète l'énergie produite, elle devient même juteuse. Le rapport est rendu au gouvernement en juillet et présenté en septembre. Sa première conséquence est une diminution immédiate de 10% du prix de rachat de l'énergie produite. La seconde baisse de l'année. Trois mois plus tard, le moratoire gèle tous les projets de centrales en stock. Cependant, la chute des prix n'affecte en rien le projet toulois, bouclé avant le moratoire.

Le temps presse

En effet, si EDF EN injecte près de 430 millions d'euros sur la BA 136, ses actionnaires, publics et privés, s'accrochent à leur rentabilité sur neuf ans. Le reste se calcule en bonus pour les actionnaires. Pour sortir le projet dans les délais brefs imposés par le moratoire, EDF EN met les bouchées triples. La promesse de bail avec l'État est signée à Paris le 9 juillet. Mi-août, les conseils municipaux des communes concernées votent leur accord. Le 22septembre, douze permis de construire sont déposés. Les études d'impact environnementales sont presque finies.

Parfois un peu vite pour des écologistes. La vitesse de l'instruction affole les compteurs. «Lorsqu'il y a des documents à envoyer à EDF EN, on les fait partir en voiture. Ils nous reviennent signés le lendemain», confie un anonyme. L'enquête publique s'est achevée le 22 février dernier. Mardi dernier, le commissaire enquêteur a remis son rapport. Le préfet a deux mois pour signer les permis. Ira-t-on, là aussi, vers des records de rapidité?
Car le temps presse. Pour bénéficier du tarif très avantageux de rachat de l'électricité produite, EDF EN doit mettre sa centrale en exploitation pour mai 2012.
Des travaux titanesques sont nécessaires : dépollution d'une partie du site, installation d'une mer de panneaux, le tout en quatorze mois. II n'y a en effet aucune seconde à perdre. 

Source : www.lequotidien.lu

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