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Le désastre photovoltaïque espagnol

Article original - Publication : 22/10/2010 - imprimer

La bulle du photovoltaïque espagnol commence à produire ses effets : champs couverts de panneaux solaires, arbres arrachés en masse, familles endettées et une électricité plus chère. Mais il y a aussi des gagnants : les fabricants de panneaux solaires allemands et chinois.

Le secteur du photovoltaïque en Espagne se trouve au bord du précipice alors que s’effondrent les subsides. C’est ce que rapporte cette semaine Bloomberg dans son reportage « Spain’s Solar Deals on Edge of Bankruptcy as Subsidies Founder ». On y apprend comment l’éclatement de la bulle a ruiné un grands nombres de petits propriétaires ruraux. La politique erratique du gouvernement socialiste fait un maximum de victimes alors que seuls quelques-uns arrivent à tirer leur épingle du jeu, ayant deviné ce qui se cachait derrière les promesses écologistes de Rodríguez Zapatero ou ayant obtenu plus d’informations avant les autres. Sortent également gagnants les fabricants de panneaux solaires qui ont inondé l’Espagne entre 2007 et 2009. Le problème étant que la grande majorité de ces entreprises sont chinoises et allemandes. C’est-à-dire que la pluie millionnaire de subventions n’a aucunement donné naissance à une industrie espagnole réellement puissante dans ce secteur.

Pour illustrer le reportage, Ben Sills rapporte le cas de Germán Vilimelis, petit agriculteur de la province catalane de Lérida qui en 2007 arracha deux hectares de poiriers pour installer des panneaux solaires. En s’endettant pour 25 ans et faisant confiance au gouvernement qui garantissait théoriquement les subventions assurant la rentabilité du projet. Aujourd’hui, après la marche arrière de l’exécutif, l’électricité qu’il arrive à vendre ne lui permet pas de rembourser les échéances de son emprunt. Endetté, il doit donc consacrer une partie des bénéfices de son activité principale pour maintenir une « ferme solaire » qui ne lui rapporte rien.

La bulle du photovoltaïque commença en Espagne quand le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero déclara vouloir faire de l’« énergie verte » une des clés de son modèle productif et promit mille aides publiques pour toutes les les entreprises du secteur. Entre 2004 et 2007, le gouvernement assura de subventionner ce secteur à hauteur de 44 centimes par kW/h pendant les 25 prochaines années, plus de dix fois le prix moyen payé pour les autres énergies. Bien évidemment, un grand nombre de ruraux se ruèrent sur l’aubaine et couvrirent leurs terrains de panneaux, assurés de pouvoir compter pendant 25 ans sur un revenu garanti par une loi dûment promulguée à cet effet. Rien que pour l’année 2009, le coût pour le contribuable espagnol s’éleva à près de six milliards d’euros. Le secteur du photovoltaïque se réservant près de la moitié du splendide gâteau avec 2,6 milliards. De plus, les subventions favorisant ce secteur moins rentable firent augmenter de 23% le coût final de la facture d’électricité. Pire, la bulle générée par le gouvernement socialiste fut si soudaine que les investisseurs espagnols durent importer la majeure partie des panneaux solaires parce que les producteurs locaux ne pouvaient satisfaire la demande. Pour le plus grand bénéfice d’entreprises allemandes et chinoises. Et malgré tout l’argent dilapidé, l’énergie solaire ne représente que 2,72% de l’énergie électrique consommée en Espagne.

Malheureusement, ce mirage d’Eldorado dura peu : trois ans après l’adoption de la loi, le gouvernement socialiste dût faire marche arrière toute. Face à l’évidence économique, il se rendit compte du scandaleux gaspillage que représentaient ces subventions qui renchérissaient spectaculairement l’électricité sans assurance aucune que le secteur de l’« énergie verte » devienne un jour rentable. En 2010, face à l’énorme déficit public qui obligeait le gouvernement à réduire salaires et pensions, celui-ci comprit qu’il devenait intenable de payer 6 milliards d’euros par an pour ce secteur budgetivore et le ministre Miguel Sebastián décréta une réduction drastique de 40% des subventions, rendant insoutenables la plupart des installations « écologiques » actuelles.

Les investisseurs du photovoltaïques de plaignent donc de ce que le gouvernement socialiste ait changé les règles du jeu au milieu de la partie. Selon les données des associations du secteur, des 50.000 installations photovoltaïques que l’on trouve en Espagne, 48.000 correspondent à des particulier ou des petites ou moyennes entreprises, pour des puissance inférieure à 100kW. Il ne s’agit donc plus de grandes entreprises qui font faillite ou doivent renvoyer du personnel, mais bien d’innombrables familles qui se fièrent aux promesses du gouvernement (et souvent sur base de cette promesse, se lancèrent dans des projets financièrement insoutenables) et qui se trouvent ruinées. Le reportage de Bloomberg épingle l’exemple d’Isofon, une entreprise espagnole qui se consacrait à la construction de panneaux solaires et qui a vu ses ventes chuter de 83% et eu une pertes en 2009 de 226 millions d’euros.

Au final, une grande facture à payer par les entreprises, les familles et les contribuables. Mais sans contrepartie technologique, ni savoir-faire, ni valeur ajouté. Une grande réussite de l’écologie socialiste.

  • Par Yvance77 (xxx.xxx.xxx.51) 22 octobre 2010 12:24
    Yvance77

    Salut,

    Un éclair de conscience prendrait-il Môssieur Lucilio.

    Lui ardent défenseur de tout ce que la droite réac libérale sait bien faire (aka donner les quintes royales au financeurs et investisseurs), se rendrait-il compte que ce jeu de dupe n’a pour but que la destruction des basses couches sociales.

    Et Zapatero dans une Espagne malade du libéralisme, n’est en rien ou si peu socialiste.

    Quand je porte un t-shirt bleu, je ne prétends pas être de sang royal.

    • Par rastapopulo (xxx.xxx.xxx.37) 22 octobre 2010 16:12
      rastapopulo

      Bah Zapatero est un ancien emplyé de banque qui a bloqué la limitation des hedge funds juste après le début de la crise financière en commun accord avec les brits (qui ont la 1° place mondiale de hedge funds eux, c’est plus logique).

      Zapatero ne représente rien d’autre que les financiers qui sont eux à fond pour le renouvelable dans la fameuse logique anti-nation et anti-dévelloppement à long terme.

  • Par Cassino (xxx.xxx.xxx.197) 22 octobre 2010 14:38
    Cassino

    Cher Lucilio,

    Si vous avez l’obligeance de lire mon article publié le même jour que vous, vous constateriez que la politique envers le photovoltaïque est exactement la même en France, qui a un gouvernement de droite. Chez nous c’est EDF qui paye mais le photovoltaïque de type industriel est beaucoup moins développé. Ce qui est intéressant de savoir, ce ne sont pas les chiffres globaux que vous présentez, mais le surcout par installation.
    La différence entre vous est moi, c’est que je fais des articles sérieux et argumentés alors que vous ne sortez jamais de la polémique partisane.

  • Par Gabriel (xxx.xxx.xxx.69) 22 octobre 2010 15:25
    Gabriel

    Lucillo,
    Le terme que vous employez en finalité : « Ecologie socialiste » est dénué de sens. L’écologie , la vraie, ne fait pas de politique. L’écologie c’est une question de bon sens et à l’heure actuelle une question de survie. Et ce n’est pas vos vues libérales préconisant la production, l’enrichissement personnel et la consommation a outrance qui va arranger notre eco système. Alors un peu de modestie quant à la critique partisanne.

    • Par Christoff_M (xxx.xxx.xxx.100) 22 octobre 2010 20:27
      Christoff_M

      Qui nous a installé des pistes cyclables pour les bobos parisiens et un dixième des gens qui circulent et imposent leur pensée unique au reste de la population, créant sciemment des embouteillages monstres et une pollution étrangement escamotée (difficile d’alimenter les commerces en vélo !!) ce sont sans doute des écologistes de droite ??!!

      Pour moi l’écologie n’existe pas en France et est accaparée de manière douteuse par une bande de bobos et de nantis des grandes villes qui n’ont pas souvent mis les pieds dans la gadoue et qui se cachent quand ils prennent leur voiture,
      c’est à peu près au niveau de la empêcheurs de fumer, dans un pays qui touche un max de taxes sur le paquet...

      Mais ce pays est peuplé de gens importants aux idées extraordinaires et surtout si plein de bonnes intentions, ce genre de personnes nous font aboutir à des hausses de tarifs et à la pensée unique qui est tous le contraire de l’ouverture, de la diversité, de la créativité qui devrait au contraire amener un meilleur service et des tarifs plus raisonnables !!

      On est tout de même un des rares pays ou les énergies nouvelles sont financées par les grands groupes et les lobbies qui n’ont pas du tout intérêt à développer une alternance à leur monopole !!! nos éoliennes coutent beaucoup plus cher qu’ailleurs pour un rendement médiocre, mais l’efficacité doit être un terme qui reste théorique en France...

      La vraie écologie elle ne se fait pas en ville, ni dans les réunions à n’en plus finir pour refaire le monde, voir le résultats des grenelles ou la vacuité de grands « cerveaux » s’est largement exprimée et n’a aboutit à rien... A part le livre de monsieur Ubu et de madame Je sais tout sur l’avenir du haut de mon building parisien...

  • Par Christoff_M (xxx.xxx.xxx.100) 22 octobre 2010 19:52
    Christoff_M

    Quand on confond écologistes et opportunistes chasseurs de primes...

    et agriculteurs et gestionnaires de terrains agricoles, voila ce qui arrive !!

    Qui installe chez nous dans les villages des panneaux subventionnés pour toucher les marges arrières d’EDF !! surement pas des gens qui pensent à l’écologie ou au développement local...

    Quand les matérialistes et les gestionnaires prennent le dessus partout, ce n’est surement pas pour le bien etre de la planète ou le votre, c’est surtout histoire de remplir leurs bourses, avec des arguments bidons et trompeurs sur l’écologie et le bio...

    • Par Christoff_M (xxx.xxx.xxx.100) 22 octobre 2010 19:58
      Christoff_M

      La « masse » paye la différence en voyant les prix de base augmenter pour le profit d’une certaine minorité bien placée et au courant de toutes les niches de cet état si généreux avec les riches !!

      le prix du panneau découragera vite le quidam de base qui peine déja à rembourser son emprunt et ses charges...

      Faire payer la masse pour le benef d’une petite minorité qui dicte les lois, ça me rappelle les principes de la bourse, pas la peine de chercher qui a fait voter les lois qui aident les acheteurs de panneaux, ce sont les mêmes qui ont instauré le bouclier fiscal ou les détaxations sur le juteux marché de l’art...

    • Par Christoff_M (xxx.xxx.xxx.100) 22 octobre 2010 20:09
      Christoff_M

      L’écologie les petites gens des campagnes la pratiquent depuis longtemps, le problème c’est quand on laisse faire des technocrate des grandes villes qui ne connaissent que le bonsaï de leur bureau climatisé...

      Et qui ne mettent des bottes que pour la photo quand les journalistes sont la traitant les gens du cru de bouseux, dès que les micros sont coupés... et reprenant bien vite leur 4*4 volumineux pour regagner leur cité idéale...

      Les technocrates européens battent encore les nationaux pour ce qui de la coupure avec la réalité et la nature loin de leurs assemblées pleines d’idées extraordinaires...

      Comme dirait Coluche, vous les mettez dans le désert, au bout de deux ans ils commencent à importer du sable... Quand les abeilles crèvent tranquillement grace aux épandages de nos « gros » agriculteurs subventionnés par l’Europe toujours à l’origine de dérapages contre subvention !!

      Mieux vaudrait récompenser le petit agriculteur local qui fait du spécifique et entretien le terroir et la diversité sur ses terres mais il faudrait stopper la corruption et le lobbying de grands groupes pour orienter les lois au parlement européen...

      Quand certains se disent militant et députés européens on a un peu de mal à croire à leur conviction réelle...

  • Par Christoff_M (xxx.xxx.xxx.100) 22 octobre 2010 22:58
    Christoff_M

    Encore faut il trouver un pays africain corrompu pour nous fournir l’uranium à un prix d’« ami » !!!

    Or Sarkozy et ses sbires se sont déja brouillés avec la moitié de la planète...

    Voir la démission discrète de Bocquel demandée par le clan Bongo, suite à des propos du ministre en question sur la fin de la FranceAfrique... propos très mal perçu par les bons dictateurs en costume, mis en place par les occidentaux, en échange d’achats d’armes et de contrat divers dont la fourniture d’uranium ou de pétrole...

    En Afghanistan vous avez la même plaisanterie démocratique avec Karzai qui est une taupe implantée par les américains et les occidentaux pour maintenir le contrôle sur une région un peu trop proche de l’Iran donc une région à neutraliser, à stabiliser, « à démocratiser » en imposant des gens au pouvoir comme on l’avait fait en Afrique dans de nombreux pays avec des patriarches corrompus et leurs sbires et proches corrompus...

  • Par yoav (xxx.xxx.xxx.61) 23 octobre 2010 02:27

    Oui, à-bas les énergies propres et vives les énergies fossiles !! J’aime respirer l’odeur des centrales à charbon et au fuel, j’aime habiter non loin d’une centrale nucléaire, ça donne la pêche ! L’eau des rivière est plus chaude et je peux remplacer mes brochets par des crocodiles, quel bonheur. L’électricité, tout le monde en veut mais personne ne veut savoir comment c’est fabriqué. Restons-donc dans notre âge fossile et bientôt fossilisé...

    Les lobbies pro-pétrole et pro-nucléaire ont réussi à mettre dans la tête du monde, que les énergies solaires en général (photovoltaïque et éolien) était l’affaire des businessmen, de droite !..... Et donc, le nucléaire et le charbon sont des affaires de gens de gauche, c’est connu !

    C’est vrai que les apparences sont trompeuses. Le photovoltaïque et le solaire étant de trop petits businesses, les gouvernements les laissent au privé. Et dans le monde primitif, privé = capitalisme. Ouh, les méchants capitalistes. Ils installent leurs panneaux partout sans le consentement des gens. Il n’y a pas d’études environnementales, pas de permis à demander, c’est magique. Presque comme les pylônes pour le téléphoner portable. Ah non, chut, le téléphone portable tout le monde en utilise, donc il ne faut pas dire que les pylônes se sont installés partout dans les campagnes sans aucune autorisation administrative....

    La paille et la poutre comme on dit.

    Bref, toujours à râler contre tout.

    L’autre jour, un panneau solaire m’a ébloui, c’est inadmissible. Ah, l’année dernière, n’est-ce pas la centrale nucléaire du tricastin qui a eu 2 ou 3 fuites ? Mais ce n’est pas grave, le gouvernement m’a rassuré, ce n’est pas grave. C’est comme Tchernobyl, dont le nuage s’est arrêté à la frontière.....

Source : www.agoravox.fr

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